Aissa Logerot – En toute simplicité

Aïssa Logerot est tout fraîchement diplômé de l’Ensci : humble, souriant et posé, il a toujours quelque chose à raconter, et son travail, il en parle merveilleusement bien. Son credo, c’est La Simplicité. Ce mot aux multiples facettes qu’il a décortiqué et mis au service de ses projets, est en effet le fil conducteur de son travail.

Son parcours en a fait quelqu’un de construit, très en prise avec la réalité… Une qualité rare et appréciable à une époque où le designer est devenu une sorte de star qui se vend parfois mieux qu’il ne conçoit.

Ancien élève des ateliers d’ébénisterie à l’école Boulle, il apprend les rudiments du design industriel à l’école Olivier de Serres pour enfin intégrer Les Ateliers (L’ENSCI) où il donne forme à ses idées, construit son univers et sa démarche de designer. C’est là qu’il a réalisé la grande majorité de ses projets : brillants, simples et bien pensés. Petit tour de ses meilleures réalisations :

Chopstick plus one :

Ce projet illustre assez bien le travail d’Aissa : un objet simple, mais pas simpliste. Une bonne idée et une réalisation épurée qui a demandé un peu de maturation. Pour atteindre ce niveau de sobriété dans la forme d’un objet à partir d’une idée instinctive, il faut en effet passer par plusieurs étapes :  épurer le trait, enlever le superflu.

C’est également une belle synthèse de ses inspirations : la culture asiatique et occidentale réunies. Car pour imaginer cette cuillère/baguettes, il est parti du scénario bien connu des restaurants japonais tels qu’on les connaît en France : d’abord une soupe, puis des sushis. On utilise d’abord la cuillère pour déguster sa soupe, ensuite les baguettes pour les sushis (la cuillère sert alors de coupelle pour sauce soja). Aissa me confie ne pas savoir si ce projet serait efficace au japon, mais là n’est pas le but : l’idée est de répondre à notre façon de manger asiatique en occident.

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Instable :

Dans stable, il y a « table« , c’est le propre d’une table que d’offrir une surface régulière et équilibrée. Aïssa, qui aime aussi amener de la surprise dans ses projets, a imaginé cette table basse « mouvante » qui réagit en fonction du poids des objets que l’on pose dessus, qui prend leur empreinte…

D’une grande sobriété formelle, cette table peut se permettre de devenir un petit terrain de jeu. Les multiples tasseaux qui la composent, en plus d’être montés comme « sur ressorts » (ils sont sur de la mousse en réalité) ont deux couleurs différentes à chaque bout permettant de changer la grille qui la compose et de dessiner ou d’écrire sur sa surface comme si elle était composée de pixels.

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XY :

Ce projet d’objet à double fonction est le parfait exemple de projet « simplex » ou « comment rendre simple quelque chose de complexe ». Loin de l’esprit « transformers », cette chaise passe en mode table basse le plus naturellement du monde, sans être une usine à gaz pour autant. Une belle réponse à la problématique des petits espaces (jetez aussi un coup d’œil à son projet madame et servie, très bien vu également).

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Halo :

Ce projet devait à l’origine être une simple lampe, mais en observant de près ces deux activités nocturnes que sont le light painting et le graffiti, Aïssa a finalement imaginé cet objet singulier. Composé d’une simple buse lumineuse et d’un électroaimant, il suffit de le secouer (comme on fait avec une bombe de peinture) pour obtenir l’énergie nécessaire qui allumera une diode. Des buses lumineuses de différentes épaisseurs sont également disponibles. La bombe transparente met en valeur la simplicité du mécanisme de l’objet.

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Extensions :

Point d’orgue de son travail à l’ENSCI (son projet de diplôme), extension fait le tour des compétences et de la philosophie du design que défend Aïssa. Retour au bois, souvenir des ateliers d’ébènisterie de l’école Boulle et de ses premiers cours sur l’assemblage et réflexion sur le meuble en kit. Contrairement à ce à quoi Ikea nous a habitués, cet ensemble de mobilier se monte et se démonte (sans s’abîmer) avec une grande facilité : un code couleur aide à l’assemblage des pièces, et un guide de montage est imprimé au dos des planches. Ces meubles évoluent avec la vie de leurs utilisateurs : pour une table plus grande par exemple, il suffit de racheter quelques modules et le tour est joué.

Ce projet a permis à Aïssa d’obtenir le reddot award 2009 dans la catégorie design et d’être finaliste aux concours audi talents award.

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Ses actualités :

Aïssa vient tout juste de remporter le 2ème prix du concours Cinna 2009, dans la catégorie luminaire avec sa lampe posh (encore tenue secrète…). Mais à l’heure de la remise des prix, il sera au Cambodge où il part s’occuper d’un projet de développement durable un peu spécial avec la designer Amandine Chhor pour lequel ils ont obtenu une bourse. A suivre donc….

 
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    2 commentaires

  • Erwan

    Comment pouvez vous savoir qu’il a gagner le concours cinna 2009, alors que les resultats n’ont pas été annoncés?

  • @Erwann : parce que les résultats ont déjà été annoncés aux gagnants…