Les beautés cachées du luberon

L’hiver et la grisaille ne changent en rien à la beauté du Luberon, je trouve même que ça lui donne des airs celtes .

Dans ce pays riche en minéralité et herbes sauvages, on se perd et on se confond souvent entre chien et loup …
Le Luberon est mystérieux, invinscible malgré son histoire tumultueuse et parfois sanglante (voir l’article précedent ).
Il garde ses secrets bien au chaud derrière de lourdes grilles de fonte, quelques murs de pierres  et dans le silence d’imposants Mas en pierre jalousement gardés .

Les nouveaux « conquérants » sont parisiens, suisses, allemands ou belges mais ils ont, il faut le dire, su préserver les splendeurs de ce Fief minéral et secret …

On en parle comme d’un « triangle d’or », on le confond avec les Monts de Vaucluse  dont fait parti Gordes par exemple, celui ci ne serait donc pas dans le dit « Luberon » mais dans le Parc du Luberon, ah la la ces Parisiens tiens !

On parle d’un   »grand Luberon » au Nord  puis d’un   »petit Luberon » au Sud (Cavaillon -Apt -Lauris) coupé en deux par la rivière Aiguebrun .

Son éthymologie est variée et diffuse, on en retrouve la traces au temps des Celto-ligure, une peuplade qui le prénommait  alors« Louerion » mais une chose est sure aujourd’hui, on dit bien Luberon et on le « défang  » avé l’assent …

J’ai un amour tout particulier pour ce Petit Luberon que j’ai habité avant de m’installer sur mon piton rocheux en face et c’est dans l’un de ses villages secrets que je vais vous emmener .

J’aime le village des  Taillades pour y avoir vécu ….
Vécu au Pied du majestueux moulin St Pierre , un moulin à garance (La garance est une racine que l’on broyait afin d’obtenir une colorant rouge et qui a fait la fortune du département avant de disparaitre au profit de colorants chimiques) je vous l’avais dit: un brin mégalo Garance.

Ce moulin fût ensuite utilisé pour broyer la farine jusqu’en 1970 et est aujourd’hui la « figure de proue » du Village …

On se réveille dés le Printemps au rythme de la splendide roue à aubes, une des plus grande roue du département qui pése ses 4 tonnes avec panache et qui tourne encore pour la beauté du lieu…

Le canal st Martin ou canal de Carpentras qui l’alimente est vidé chaque hiver ….

Une magnifique allée de Platanes centenaires ajoute à ce lieu une étrange aura et on s’y promène l’été avec plaisir …

Le village est parfois un brin trop silencieux et fantomatique, une sorte de village parfait façon « Truman Show » {encore oui } où tout le monde se sourit, se salue rapidement et s’échappe …

Il faut se diriger vers ce Luberon que l’on aperçoit au loin pour revenir quelques siècles en arrière….

Sur la place du Village le regard se heurte soudain à une citadelle hautaine qui se gagne en dépassant  »l’ Auberge des Carrières « et en grimpant vaillement un chemin creusé à travers l’antique  carrière romaine …

Le lieu est habité et j’aime pouvoir respecter l’intimité de ces habitants qui doivent voir souvent des visiteurs curieux et incrédules…

A droite un château du XVIIe, propriété privée et silencieuse doté d’un parc de 7 He…

Sur la gauche une partie de cette « Citadelle » habitée par un ancien voisin ami et passionné de chevaux qu’il abrite dans ces carrières abandonnées …

Ici on apercoit un Donjon en haut de son habitation restauré par ses parents à l’époque…

Ces même Carrières (qui ont donné leur nom au Village, provenant des pierres de tailles) accueillent à présent et chaque été des concerts classiques (imaginez seulement l’acoustique magique du lieu ….)

Dans un théatre en plein air et au son des cigales les soirs d’été, je vous invite à découvrir le programme au mois d’Août …

On grimpe alors un chemin en calade et passons sur un pont suspendu, magie des pierres encore une fois ….

Marchez lentement, ce lieu est habité d’ombres invisibles, on croirait même entendre chuchoter, parfois je me retourne mais rien ne bouge, tout semble figé et immuable sauf l’érosion silencieuse de la pierre peut être …

En longeant le pont suspendu on dépasse un calvaire et on arrive enfin vers l’ancienne église parroissiale et son presbytère (aujourd’hui propriété privée) reconstruite successivement en 1749 puis 1758 et enfin rénovée récemment ….

Promenez vous toujours religieusement, la vue est superbe ….

Le lieu en hiver est chargé de mystère ….

Une église absolument miniature et splendide, fermée ici malheureusement …

On erre alors entre Patio désert et cyprés taillés en i, plaquemiers chargés de fruits et chaines  barrant notre chemin …

Pas un bruit, ni âmes qui vivent et pourtant …

Ici vivent des gens à l’ombre des pierres, magie de ce Luberon secret et peu enclin à la confidence !

On redescend lentement …

On regarde furtivement … par peur d’être observés ? …

On repasse vers le Donjon et les carrières … et le parc du Château …

On quitte enfin cette Citadelle fantôme pour s’arrêter devant la Chapelle St Gens  du XIXe …

Derrière on aperçoit « Roche ronde » que je gravissais tous les matins pour y faire mon Yoga, 40 minutes à travers cystes, laurier tin et ronces pour admirer du sommet ma Colline en face …

Et puis marcher à travers vignes et oliviers jusqu’à Robion parce que c’est ça le Luberon, la simplicité des pas qui ne mènent pas vers l’or de ce triangle imaginaire mais qui vous invite à une paisible et mélancolique réflexion intérieure …

On salue des marcheurs et on continue son chemin comme les hermitants d’autrefois qui cheminaient sur ce même chemin en direction de St Jacques de Compostelle ….

A bientôt pour d’autres découvertes …

 


    5 commentaires

  • je me sens pousser des ailes en suivant ce chemin!
    cette minéralité est paradoxalement chaleureuse.
    Merci

  • La beauté même servie par de belles photos, merci merci .

  • marie

    merci Nathalie ça m’a fait chaud au coeur de revoir les Taillades .Bizzzz!

  • Une belle promenade dans le Lubéron, qui me donne envie d’aller y faire un petit tour….

  • joublot

    bravo